DALL-E est le système d’OpenAI qui a permis de générer des images haute résolution à partir de simples descriptions textuelles. Un designer pouvait taper « un renard en origami sous la pluie, style aquarelle » et obtenir une illustration exploitable en quelques secondes, sans dessiner un seul trait. Retiré depuis mai 2026, l’outil reste une référence pour comprendre l’histoire de la génération d’images par IA.
DALL-E, DALL-E 2, DALL-E 3 : l’historique des versions d’OpenAI
La première version de DALL-E, développée par OpenAI, s’appuie sur une architecture proche de GPT-3, capable de comprendre le langage humain et de produire des réponses écrites. DALL-E l’adapte pour transformer des phrases en images plutôt qu’en texte.
Créer une œuvre numérique originale ne demandait plus de compétences artistiques particulières. Il suffisait de décrire l’image voulue en quelques mots pour que DALL-E produise une illustration en haute résolution correspondant à la demande.
DALL-E sort en janvier 2021 avec 12 milliards de paramètres. DALL-E 2 lui succède en avril 2022 avec un modèle plus compact, 3,5 milliards de paramètres, sur une architecture de diffusion qui améliore nettement la netteté des rendus ; DALL-E 3 suit en septembre 2023, avec une meilleure prise en compte des prompts longs et du texte intégré dans l’image. Les trois versions montent jusqu’à une résolution de 1024×1024 pixels, accessibles via ChatGPT, Bing Image Creator ou Microsoft Copilot, ou encore l’API OpenAI, avec une tarification API allant de 0,016 $ à 0,12 $ par image selon la qualité demandée.
Du texte à l’image : comment fonctionne DALL-E ?
DALL-E repose sur un algorithme d’apprentissage profond qui relie le langage aux images. Il a été entraîné sur un large corpus de données comprenant des textes et des illustrations.
Le processus d’apprentissage
Pendant son entraînement, DALL-E a analysé des millions d’exemples pour apprendre le lien entre les mots et les images. L’algorithme détecte les caractéristiques clés d’une description et les associe aux éléments graphiques pertinents. Cette phase d’entraînement conditionne directement la qualité des images produites.
La génération d’images par IA
Une fois entraînée, DALL-E transforme n’importe quelle description en une image cohérente. Le système fonctionne par étapes successives :
- Analyse du texte : l’algorithme identifie les éléments clés de la description et évalue leur pertinence pour la composition de l’image.
- Sélection des éléments visuels : en fonction des caractéristiques identifiées, DALL-E choisit les objets, formes et couleurs qui composeront l’image finale.
- Génération de l’image : l’IA assemble les éléments sélectionnés pour créer une illustration haute résolution correspondant au mieux à la description initiale.
DALL-E peut générer plusieurs images différentes à partir d’une même description, ce qui laisse un large éventail de choix aux utilisateurs. Au-delà de la génération pure, l’outil proposait aussi une palette de retouche : sélectionner une zone précise de l’image pour y ajouter, retirer ou modifier un élément, générer des variantes à partir d’un visuel existant, ou encore télécharger directement le résultat sur son poste. Ce sont ces fonctions d’édition, plus que la génération brute, que GPT Image 1.5 a le plus retravaillées depuis.
Les applications potentielles de DALL-E dans le domaine artistique
Au-delà de la prouesse technique, DALL-E ouvre plusieurs usages concrets dans la création visuelle. Les artistes utilisent l’outil pour donner vie à leurs idées rapidement, sans maîtriser des techniques de dessin complexes ; un character design ou un moodboard qui prenait autrefois plusieurs heures de croquis se génère alors en quelques minutes. Les designers s’en servent pour créer des motifs et des illustrations sur mesure répondant aux besoins de leurs clients, notamment pour des visuels de présentation ou des maquettes rapides à faire valider avant la production finale. Les peintres, eux, s’appuient sur les images haute résolution générées comme base ou source d’inspiration pour des tableaux traditionnels.
Le retrait de DALL-E en 2026 et ses limites
OpenAI a annoncé le 14 novembre 2025 le retrait progressif de DALL-E. Les utilisateurs de ChatGPT basculent vers GPT Image 1.5 dès décembre 2025, et l’accès via l’API s’arrête le 12 mai 2026, comme le confirme la page officielle des dépréciations d’OpenAI. DALL-E n’est donc plus disponible aujourd’hui en tant que tel. Pour générer des images dans ChatGPT ou via l’API OpenAI, GPT Image 1.5 en est le remplaçant direct, avec un rendu de texte amélioré et une génération plus rapide. OpenAI avait laissé environ quatre mois aux équipes techniques pour migrer leurs intégrations API vers les nouveaux endpoints GPT Image entre l’annonce de novembre 2025 et la coupure de mai 2026.
DALL-E présentait aussi certaines limites structurelles. L’algorithme ne comprenait pas toujours les subtilités du langage humain et pouvait générer des images inappropriées ou éloignées de la demande initiale.
Les questions éthiques et juridiques liées à l’usage d’une IA pour la création artistique restent ouvertes. La paternité des œuvres générées par DALL-E, les droits d’auteur et de reproduction posent des problèmes que la loi n’a pas encore tranchés.
L’utilisation de DALL-E à des fins malveillantes ou trompeuses, comme la création de fausses informations ou de contenus offensants, reste un risque réel qui appelle des régulations adéquates.
DALL-E marque une étape dans la génération d’images par IA. Reste à composer avec ses limites, notamment sur le plan juridique et éthique, pour en tirer un usage responsable.